COMMUNIQUE DE PRESSE
Traduction informelle
Conférence Régionale sur la Reconstruction des moyens de vie des paysans et des pêcheurs après les catastrophes du tremblement de terre et du tsunami
Medan, Nord Sumatra, 17-19 Février 2005
MEDAN, le 19 février 2005
Nous, représentants des organisations de paysans et de pêcheurs, victimes du tremblement de terre et du tsunami du 26 décembre 2004 qui ont provoqué des pertes de vies et des dommages matériels immenses en Asie et en Afrique, ainsi que les ONG qui soutiennent notre travail, rendons aujourd’hui publique la déclaration suivante concernant les récentes catastrophes et leurs impacts sur les communautés affectées :
Nous sommes extrêmement attristés par la perte d’un nombre inimaginable de vies par le fait du tremblement de terre et du tsunami, et la perte de biens desquels dépendent pour vivre les populations vivant dans les zones affectées par le tsunami. La plupart de ces populations sont de communautés pratiquant une activité à petite échelle, artisanale, sur la plage, employant une main d’œuvre importante et vivant dans des conditions socio économiques précaires.
En réalité, ceux qui souffrent le plus de ces deux catastrophes sont ceux qui souffraient déjà des effets pervers de politiques de développement mal conçues et ce bien avant que le tsunami ne frappe.
Nous sommes choqués par le fait que, en dépit des soi-disant grandes avancées de la science et de la technologie, aucune agence n’a été capable de prédire ces catastrophes ou mettre en place un système d’alerte d’urgence qui aurait atténué les dommages causés par le tremblement de terre et le tsunami. Le tsunami a révélé que la géographie du désastre est la même que la géographie de la pauvreté économique.
Après la terrible destruction causée par le tsunami et le tremblement de terre qui l’a causé, des centaines de milliers de victimes ont du fuir leurs maisons, leurs zones de pêche, leurs champs et rejoindre de camps de réfugiés. Cela les a conduit au désespoir et à un sentiment d’impuissance d’avoir à dépendre de la charité des autres pour vivre.
Cette situation a empiré à cause des tentatives des gouvernements de certains pays affectés par le tsunami de nettoyer les plages et les zones côtières, au nom de mesures de prévention, empêchant l’accès des communautés côtières à leurs sources traditionnelles d’activités économiques basées sur la plage. Simultanément, ces gouvernements ont prévu de rendre disponibles ces plages et zones côtières à des groupes d’intérêts du secteur du tourisme, de la pêche et de l’aquaculture industrielles, des industries maritimes. Nous avons de sérieuses objections par rapport à ces tentatives de privatiser des ressources qui sont une propriété commune et sur lesquelles les communautés côtières ont des droits collectifs.
Nous sommes extrêmement ennuyés par le manque de transparence des opérations des agences et distributeurs d’aide. Ces organisations n’ont rendu publique ni leurs comptes ni leurs budgets, et n’ont pas été transparentes dans la manière dont elles ont distribué l’aide.
D’autre part, certaines institutions internationales et multi-latérales, ont octroyé aux pays affectés par le tsunami une aide sous forme de prêts assorti de conditionnalités. Cette tendance montre seulement comment la catastrophe du tsunami est exploitée par ces institutions pour augmenter la dépendance des pays affectés par rapport à la dette et aux politiques de développement dictées par ces mêmes institutions.
Nous, représentants des paysans et pêcheurs, membres de Via Campesina, le mouvement international paysan, et du Forum Mondial des Peuples Pêcheurs (WFFP), ainsi que les ONG concernées, locales et internationales, en réunion à Medan, Nord Sumatra, Indonésie, du 17 au 19 février 2005 pour la Conférence Régionale sur la Reconstruction des moyens de vie des paysans et des pêcheurs après les catastrophes du tremblement de terre et du tsunami, demandons ce qui suit:
Finalement, nous voulons témoigner notre reconnaissance au soutien et à l’engagement de tous ces gens et groupes qui ont montré une grande solidarité en soulageant les souffrances des victimes de ces catastrophes.
Signataires :